Guérir de la boulimie

Si toi ou l’un de tes proches souffre de la boulimie, je t’invite à lire mon témoignage : en effet, j’ai été boulimique pendant vingt-cinq ans (de 15 à 40 ans…), et les mots que je porte sur ce trouble pourront peut-être t’aider à mieux le comprendre.

Aujourd’hui, je peux dire que je m’en suis sortie, mais la boulimie n’est pas une maladieOn ne peut pas à proprement dire qu’on en « guérit » (j’utilise pourtant volontairement cette expression dans mon titre, car c’est ainsi que les gens font des recherches sur le web…).

Quand on n’est plus boulimique, on n’est donc pas à l ‘abri de refaire quelques crises de temps en temps, durant des passages difficiles de la vie notamment… Cependant, on sait qu’on n’est plus boulimique quand on est libéré de l’addiction, quand on parvient à trouver du plaisir ailleurs que dans la nourriture…

LA NOURRITURE ET MOI, C’EST UNE LONGUE HISTOIRE…

J’ai toujours été la plus gourmande dans ma famille… Dans mon enfance, j’étais du genre à rester à table des heures avec les adultes lors des longs repas de famille pour ne surtout pas rater le dessert… J’échangeais également mes jouets Kinder à Pâques avec mon frère car je préférais mille fois le chocolat… Et d’ailleurs, les chocolats de mon panier ne tenaient pas plus de 24h, alors que mon frère et ma soeur pouvaient les garder durant des semaines…

Malgré cette gourmandise liée à ma personnalité (et à mon microbiote, mais ça je t’en parlerai plus tard sur ce site), j’étais plutôt heureuse et en bonne santé grâce à ma maman, qui cuisinait très équilibré à la maison.

LE JOUR OÙ JE SUIS DEVENUE BOULIMIQUE…

Malheureusement, j’ai basculé dans la boulimie à l’âge de 15 ans, à cause d’un chagrin d’amour en vacances… Bien-sûr, à l’époque, je ne savais pas ce que c’était : j’avais juste une envie irrépressible et illimitée de manger pour calmer le feu qui bouillait en moi.

Un mélange de colère (conflit avec ma mère, qui voulait absolument me tirer les vers du nez…), de frustration (ma sexualité commençait à s’éveiller mais je ne savais pas ce que c’était), de tristesse (je me sentais terriblement seule, nulle et incomprise).

Dès qu’Internet est apparu (vers mes 18 ans), j’ai pu me renseigner (en cachette, parce qu’on n’en a jamais parlé avec mes parents – ma mère devait avoir honte d’en souffrir elle aussi).

J’ai alors commencé à comprendre ce qu’était la boulimie : c’est un trouble du comportement alimentaire (TCA) qui nous fait manger de façon très excessive et incontrôlée sur une courte période, mais de façon répétée. Certain(e)s boulimiques se font vomir pour ne pas grossir, d’autres (dont je faisais partie), compensent les crises par le sport et les régimes.

Cependant, j’ai été très longtemps dans le déni : jusqu’à l’âge de 35 ans, je ne me pensais pas boulimique, je croyais simplement que j’étais trop faible de caractère pour tenir correctement un régime sur le long terme… D’ailleurs, c’est la vision que m’avait transmise ma mère, boulimique vomitive, qui me faisait croire que la minceur n’était qu’une affaire de volonté (!).

J’ai donc passé vingt ans de ma vie seule avec mon addiction, à alterner des crises et des régimes, et surtout, à m’assommer avec du sport intensif…. Vingt années de yoyo, de honte à reprendre rapidement les kilos si difficilement perdus…

POURQUOI DEVIENT-ON BOULIMIQUE ?

La boulimie est une addiction : elle est l’expression d’une souffrance existentielle. Je suis tombée dans cette addiction pour ces raisons :

  • c’est un problème inter générationnel chez nous (ma mère était boulimique vomitive, ma grand-mère était boulimique et a fini sa vie obèse après des années de régimes et de yoyo…) ;
  • je souffre depuis mon enfance d’une forte anxiété permanente provoquée en grande partie par mon hypersensibilité, une hyper empathie qui me fait absorber toutes les émotions des autres, et que je ne savais pas gérer à l’époque.
  • sur le plan spirituel (si ça te parle) : j’ai une grosse difficulté à m’incarner dans cette vie. Je manque d’ancrage, je suis « perchée » dans mes pensées, et je ne ressens pas assez les signaux de mon corps. C’est un travail que je dois encore accomplir au quotidien…
  • enfin, j’ai de sérieuses difficultés relationnelles à cause de mon autisme Asperger : pour moi, il n’y a pas de juste milieu dans mon rapport aux autres. Je suis soit trop invasive (sans gêne diront certains)soit trop sauvage (je ne parviens pas à créer du lien avec certaines personnes, même si elles me sont proches). En outre, j’ai beaucoup de mal à reconnaitre les gens, ce qui ne facilite pas le lien social (!).

Si toutefois tu ne te reconnais pas dans ce portrait, je peux te dire après avoir suivi deux années de thérapie de groupe que les personnes souffrant de TCA (anorexiques et boulimiques) ont toutes ces caractéristiques en commun :

  • elles se jugent et jugent le monde en permanence, comme si elles étaient sans cesse en train de se comparer ou de comparer les autres à un idéal qu’elles se sont construit. Elles sont très souvent perfectionnistes, rarement satisfaites d’elles-mêmes et des autres.
  • elles ont un fonctionnement psycho-rigide : c’est très difficile pour elles de se laisser surprendre. Elles ont beaucoup de mal à accepter et à s’adapter aux aléas de la vie… Parfois elles semblent plutôt bien supporter les événements très durs, et puis bizarrement elles dépriment totalement pour des petits aléas de la vie…
  • elles sont des difficultés relationnelles : elles sont soit extrêmement timides et effacées, soit au contraire invasives, dérangeantes et sans gêne.
  • elles ressentent toutes un vide intérieur : elles cherchent absolument un sens au monde et à leur vie. Elles ont souvent l’impression de ne pas être à leur place, de ne pas en faire assez, de « rater » leur vie… Elles peuvent trouver des passions qui ne comblent ce vide que temporairement : amour, hobbies, sensations fortes… Elles peuvent ainsi enchainer les projets et les activités sans aller jusqu’au bout, ce qui renforce davantage leur déception..

COMMENT S’EN SORTIR ?

Il faut d’abord accepter l’idée que le chemin va être long… Je sais que c’est très difficile à accepter pour les personnalités boulimiques, qui sont habituées à perdre 7 kilos en six semaines quand elles se lancent dans un régime drastique…

J’imagine que tu as plutôt envie de trouver une solution simple et rapide, des principes écrits noir sur blanc qu’il te suffit de suivre à la lettre, un peu comme les régimes miracles qu’on nous vend avant chaque été…

Eh bien : non. 

Il te faut justement sortir des « il faut que » ;).

Lâcher prise. Sortir de ton intellect pour vivre ta vie à travers tes cinq sens. Expérimenter. Sentir, ressentir, observer sans juger. Être dans le moment présent, laisser la vie se dérouler sans chercher à tout contrôler.

Accepter les imperfections du monde et celles des personnes qui t’entourent. Ne plus chercher un sens à tout évènement gai ou triste.

Être authentique : renoncer à jouer un rôle pour plaire aux autres à tout prix. Leur dire ce que tu penses, avec bienveillance (cf la communication non violente), pour te respecter soi-même…

Toutes les formes de thérapies qui te réapprendront le lâcher prise, l‘ancrage dans le moment présent et la communication non violente pourront t’aider à sortir de la boulimie.

Quelques pistes :

  • la thérapie existentialiste de Catherine Hervais (que j’ai suivie sur deux ans à Paris, de 2013 à 2015). Basée sur la Gestalt, mais avec des spécificités que seule Catherine pourra t’expliquer… Discussions, jeux de rôles, effet miroir avec les histoires des autres participants : tout pour se « reconstruire » une personnalité plus adaptée au monde.
  • le bouddhisme : eh oui ! Les principes du bouddhisme sont complètement libérateurs pour les gens qui souffrent d’addiction ! Encore une fois, il s’agit de changer sa perception du monde.
  • Le yoga et l’Ayurvéda : adopter un mode de vie yoggique et ayurvédique, c’est exactement sortir de tous les travers qui nous conduisent aux addictions…

Quelques autres formes de thérapies, qui t’aideront grandement mais qui ne suffiront pas seules :

  • l’hypnose ericksonnienne
  • la méditation en pleine conscience (Mindfulness)
  • la sophrologie

Bref, tout ce qui te ramène dans ton corps.

Bon courage, n’hésite pas à poster des commentaires sous ce post si tu souhaites davantage d’informations.

Prends soin de toi 

Jenny

POUR ALLER PLUS LOIN, DES LIENS UTILES SUR LA BOULIMIE :

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